Les accidents musculaires (15-05-2004)
Pour la pratique
sportive, le muscle doit présenter différentes qualités de
force, d’endurance, de vigilance, de vitesse et d’extensibilité.
Pour que le muscle possède ces propriétés, l’entraînement
est indispensable mais il faut aussi que trois systèmes étroitement
liés soient en parfait état de fonctionnement. A savoir : la structure
biomécanique du muscle, qui permet les contractions, l’activité
métabolique, qui conditionne la puissance et la durée de l’activité
musculaire, ainsi que le système neuromusculaire, qui règle l’activité
de nos muscles. Si l’un de ces paramètres ou si la coordination entre
eux est défaillante, cela entraîne l’arrêt de la pratique
sportive pour une durée indéterminée. C’est pourquoi
il est important de poser un diagnostic précis et rapide pour tout accident
musculaire, ce qui permet d’instaurer au plus vite un traitement efficace.
Il faut savoir que lorsque
l’on parle d’accident musculaire, on distingue les atteintes s’accompagnant
ou non de lésion anatomique. Nous aurons donc d’une part les problèmes
musculaires sans lésion anatomique, tels les crampes, courbatures et
contractures, et d’autres part, ceux avec lésion anatomique, comme
les élongations, déchirures et ruptures.
Attardons-nous un instant
sur la première catégorie, et voyons comment faire la différence
entre crampe, courbature et contracture. La crampe est une contraction brutale
et douloureuse d’un muscle, mais qui cède spontanément à
l’étirement. La courbature est une douleur musculaire qui apparaît
12 à 24 heures après l’effort et pour laquelle un simple
traitement par la chaleur et le massage décontractant suffira en observant
cependant un repos sportif de 5 à 7 jours. En ce qui concerne la contracture,
il s’agit d’une contraction musculaire qui ne cède pas spontanément,
qui entraîne un repos sportif d’une dizaine de jours et qui demandera
un traitement par le froid, le massage avec une pommade myorelaxante et quelques
techniques de kinésithérapie judicieusement choisies.
On distingue trois stades
pour les accidents musculaires avec lésion anatomique. Premier stade
: l’élongation, dont la lésion se présente comme
des micro-déchirures au sein des fibres musculaires. Elle survient lors
d’une sollicitation excessive du muscle à la limite de l’étirement,
entraînant une douleur brutale, mais modérée. Un repos sportif
de 10 à 15 jours et un traitement kinésithérapeutique simple
seront nécessaires. Deuxième stade, la déchirure dont la
lésion est une déchirure des fibres musculaires, voire d’un
ou plusieurs faisceaux du muscle. Elle survient lors d’une contraction
violente et rapide comme par exemple un démarrage. Elle se marque par
une douleur brutale et localisée, entraînant une impotence fonctionnelle
totale et une mobilisation active douloureuse, ainsi qu’un hématome.
La durée du repos sportif sera de trois à quatre semaines avant de reprendre prudemment
la pratique sportive.
Durant le repos, un traitement kinésithérapeutique
bien mené est indispensable pour éviter toute suite négative.
Troisième stade, la rupture, qui est une déchirure totale du muscle
survenant lors d’une contraction extrêmement brutale et forte ou
lors d’un choc violent sur un muscle contracté. Une douleur très
importante, une impotence fonctionnelle totale, une mobilisation active impossible
et l’apparition d’un hématome important en sont les premiers
signes. Le repos sera de 45 à 60 jours dont 21 d’immobilisation
stricte ; le traitement sera chirurgical, consistant en une suture du muscle
déchiré et suivi d’une rééducation importante
pour retrouver les aptitudes sportives.
Comme nous venons de le
voir, tous ces accidents musculaires, du plus simple au plus grave, entraînent
un arrêt du sport pour une durée proportionnelle à l’importance
du traumatisme et même s’il est rare qu’ils laissent des séquelles
importantes, ils n’en restent pas moins gênants et pénibles
pour le sportif privé de son activité. C’est pourquoi il
est important d’être bien préparé et de connaître
les facteurs de risque et les moyens d’éviter les accidents musculaires.
Les facteurs favorisant
ces accidents sont l’absence d’échauffement, le surentraînement,
le manque de sommeil, certaines maladies, l’utilisation de produits dopants,
les troubles neuromusculaires, un matériel mal adapté et les facteurs
climatiques (froid, humidité).
Les mesures à prendre
pour éviter ces accidents musculaires sont un échauffement général
et local sérieux, comprenant le stretching, le massage, un footing léger,
une progression des efforts (plan d’entraînement), la relaxation
et la détente, une hydratation systématique, un suivi médical,
des étirements spécifiques de la musculature, un choix judicieux
du matériel et des vêtements en fonction des conditions climatiques
et de l'environnement.
Bonne pratique sportive
à toutes et tous.
Centre Paramédical de Waterloo sprl
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